Xavier

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J'ai été coller avec Petite Poissone

- «Non, remonte un peu sur la gauche».

- «Comme ça?»

- «Trop...redescend un peu...ok, maintenant décale le un peu sur la droite. »

- «Dis donc, t'en fais pas un peu trop là , je commence à avoir mal au bras. »

- «Mais non, celui-ci il faut qu'il soit parfaitement bien placé...C'est comme une signalétique de musée tu comprends? Si c'est pas droit ça va ressembler à  un autocollant. »

- «Mais ça en est un, un autocollant non? »

- Bouge plus!! Là  il est parfait!! »

- «Ok, je le colle là  alors...Merde...j'ai bougé...Putain à ça colle bien ton truc, j'ai l'impression d'être le Capitaine Haddock...Il est bien, là ? »

- «Oui à§a va...tu peux le coller...Merde la police!...Vas-y, embrasse-moi. »

- «Quoi!?! »

- «Tu fais juste semblant, qu'on ai pas l'air de coller!! »

- «Mais!?!... »

- «Bon, trop tard. Laisse tomber j'me casse...A plus. »

- «Non attend!!Tu vas o๠comme à§a? Reviens!! J'veux bien t'embrasser du coup!! »

- «Bonjour Monsieur, vous avez vos papiers s'il vous plaît? »

- « Et merde....»

- « Ils sont à  vous ces deux dalmatiens? »

- « Pardon !?! »

..........................................

Pour tout vous avouer, à§a ne s'est pas du tout passé comme à§a. Mais alors pas du tout !

Coller avec Petite Poissone restera tout de même une expérience unique. Les 3 extérieurs et l'escalade récurrente de poubelles à  dix heures du soir font du « street art », un art que je qualifie maintenant de « tout terrain ».

Mais pas de cagoules ni de déplacements furtifs. Petite Poissonne va coller comme elle va au marché. On se balade, elle touche à  tout en grande spécialiste de la rugosité urbaine, je la suis tel un touriste, et de temps en temps c'est "ici" et pis c'est tout. Elle n'a pas peur de la police, de toute façon on lui a dit qu'à  une certaine heure, elle tourne moins car c'est la relève. Elle m'a bien sà»r demandé de ne pas en parler dans ma chronique. Il était 21h30.

Je ne connaissais rien à  l'art urbain avant de rencontrer Petite Poissone. Pis en fait à§a ne s'est pas arrangé car,elle,non plus, n'y connait rien. N'allez pas lui prendre la tête avec des questions du genre : « Quelle place prend l'art dans ta vie? », « Te reconnais-tu plus dans Bansky ou dans Above? », «Penses-tu que le Street Art est l'art de l'éphémère ou que justement non, il s'inscrit dans la durée d'une société qui fait du surplace? ».

Non. Elle ne se situe nulle autre part que dans sa vie, qui, comme pour tout un chacun, mérite de temps en temps un coup de pied au derrière, ce qu'elle fait. Et puis franchement, si l'artiste commence à  se situer lui-même dans un courant...il n'est plus l'artiste, il est son spectateur.

Alors quand je lui ai posé la question : « Qu'est-ce qui t'as pris d'aller, un jour, coller des trucs dans la rue? », elle m'a répondu qu'elle dessine depuis qu'elle a l'à¢ge de tenir un crayon. Alors forcément, à  un moment donné tous ces dessins et ces idées...à§a déborde...y en a partout dans l'appart...pff...faut qu'à ça sorte quoi!!

Pour ceux qui n'habitent pas Grenoble, vous aurez moins de chance de tomber sur l'une de ses oeuvres. Des taureaux en smoking inquiétants et silencieux que certains pensent sympathiques et d'autres, de gros salopards; des aphorismes poétiques propres à  vous faire oublier la liste de courses apprise par coeur juste avant de sortir, ou encore des dessins parlants qui bien heureusement ralentissent notre course effrénée vers le grand nulle part.

Petite Poissone fait du bien à  la ville.

Comme beaucoup d'artistes qui on trouvé dans le paysage urbain un endroit pour s'exprimer, pas seulement pour y poser une griffe et ainsi « faire » société, mais aussi pour une idée aussi simple que primordiale, celle d'embellir. Voir pour qui veut, faire réfléchir.

Bon, ok, certains vont me dire : « De l'art? Ha oui? Et le " Sodomisons les vieilles! " de la rue Marbeuf!! C'est de l'art peut-être!?! »....hum...oui bon ben, comme partout quoi...Il y a du bon et du moins bon...hum. Et puis on parle d'autre chose là . Le Street Art n'est pas tagger son « blaze » à  tous les coins de rue, ce cri du coeur des mal-lotis qui se résume en une simple et belle phrase : « j'existe!!!putain de bordel de merde!!"

Les débuts de l'Art Urbain en France ne sont pas étrangers à  Grenoble étonnamment. C'est dans les années 60 (juste après les grottes de Lascaux en somme...hum..) que des noms comme Ernest Pignon-Ernest, Calder y ont posé quelques jalons. Un peu plus tard c'est même la galerie de l'Arlequin à  Villeneuve qui s'est vu décorée par deux artistes Chiliens. Et même si c'était des commandes officielles, c'était bien la première fois que l'art devenait visible à  tout le monde sans distinction de classe sociale.

Du coté officieux, il s'en est vu depuis des artistes en herbe qui se sont découvert un talent en prenant les villes pour des chevalets. A raison d'ailleurs. Même si tout à§a part juste d'un besoin de s'exprimer, c'est devenu doucement d'utilité publique car il y a tout de même certains Maires qui ont fait et qui font encore n'importe quoi!!

Et puis à  l'instar d'artistes comme C215 dont certaines performances amènent un débat, il n'est plus à  prouver que le Sreet Art s'est imposé comme une discipline incontournable reflétant certains malaises de ce monde de dingue. Et elle a cela de délectable est justement qu'elle s'impose. On a pas rendez-vous avec elle. On ne doit pas aller dans un musée pour la voir. Elle est là . Tout simplement.

Rendons-nous compte de la chance que nous avons, rendons-nous compte de la générosité de ces artistes.

Petite Poissonne est de ceux-là . Même si je la vois déjà  rougir, rien que de faire imprimer ses dessins, les découper un par un et puis vadrouiller dans les rues par 3 degrés Celsius pour les coller...pfff....Si c'est pas de la générosité à§a!

Enfin, si vous ne me croyez pas, allez voir par vous-même, elle dédicace son livre fait-maison à  la Galerie Nunc! et vous pourrez vous rassasier de quelques dessins si vous l'avez loupé dans la rue.

De mon coté j'irais, en me disant qu'elle voudra peut-être encore m'embrasser.

Qui sait.

Xavier - Novembre 2013

 

PETITE POISSONE à  la NUNC ! GALLERY

Dédicace de son livre « on touche le fond » .

Livre auto-produit et relié par l'artiste.

Vendredi 29 novembre 2013 à  partir de 18H

7, rue Génissieu 38000 Grenoble

Tel : 04 76 94 34 05

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Je me suis pris un Parquet Sonore

Non, non et non! C'est parti en eau de boudin ce truc. J'suis dégouté. J'étais motivé pour faire une belle chronique. Et c'est raté. Shit.

Pourtant arme d'une réelle curiosité, « Parquet Sonore» sonnait bien à  mes oreilles. Le concept du concert en appartement. Bon, je suis ne depuis avant la dernière pluie et il parait que à ça existe déjà  dans d'autre villes.

Au commencement une invitation sur FB. à ça aurait pu passer à  l'as, comme la majeur partie des invitations, mais le concert annonce était « The feeling of love». Voir ce groupe de "Neo-Psyché-Kraut-Space-Garage » de chez Born Bad, en catimini dans un appartement sentait bon la bonne idée.

Donc j'envoie un mail à  cette personne qui se nomme Parquet Sonore, et pis y me répond qu'il reste de la place, que je suis donc inscrit et que le jour même il me fera savoir o๠c'est. (J'apprendrais plus tard que trouver un appartement pour faire un concert n'est pas chose aisée et que parfois on trouve le lieu la veille).

Le jour J, Parquet Sonore tient promesse et m'annonce que le concert est aux ateliers MTK, pas loin de la Casamaures, une sorte de laboratoire pour fondus de la vidéo. (Sincèrement ces mecs se tapent des nuits entières à  découper des films super 8 en rigolant grassement j'en suis sà»r). Le groupe est annoncé pour 19h30, ils joueront en fait à  21h.

Comme j'arrive à  l'heure, il s'étale devant moi une heure trente de glandage, de discussions de vieux potes, et surtout d'ingurgitage de bières à  7 % de volume. Et c'est d'ailleurs à  ce moment précis que je commence à  comprendre que ma chronique part à  vaux l'eau.

Je suis un maniaque de la ponctualité. Quand on m'annonce une heure, j'y suis. Si l'autre partie n'est pas au rendez-vous, je deviens triste, et quand je suis triste je bois, et quand je bois...bref. Le lieu est sympathique, à ça sent vraiment bon le vidéaste passionné. Des bobines de film, des projecteurs en veux-tu en voilà  et une petite salle de 30 places o๠va se dérouler le concert. Tout le monde est de bonne humeur, et je pourrais y être parfaitement bien si il n'y avait pas ce je-ne- sais-quoi qui, pour moi, caractérise souvent les squats, je me sens moins intelligent que tout le monde. Je reprends donc une autre bière pour éviter le désarroi, et, avantage d'un lieu prive on peut fumer ici! Profitant du temps qui passe pour faire connaissance avec le dénommé Parquet Sonore (en fait il a un vrai nom mais à§a aussi j'ai oublié...pff...) Il m'explique qu'ils sont trois à  être arrivés sur Grenoble il y a un an, et, avec l'aide de la faune locale ils n'ont pas eu de mal à  monter ce concept. C'est leur troisième concert, tout va bien, ils ont la banane, ils ingurgitent aussi les bières à  7%. (Y avait pas moins fort au magasin !?).

Le concert va enfin commence, je titube jusque devant la scène pour m'en mettre plein les oreilles. Le groupe est fier, le genre on-est-pas-là -pour-rigoler-et-on-va-vous-montrer-ce-que-c'est-La-Musique. Dans l'état o๠je suis, habituellement, quand il y a des musiciens parisiens qui se la pètent, je fais pipi sur le pied de micro du chanteur. Mais je me rappelle qu'ils sont de Metz, je reboutonne donc ma braguette.

A ce propos, le clavier s'est tatoués « Metz » sur ses quatre doigts de la main gauche, je me rends compte que je ne pourrais jamais faire à§a avec Grenoble...Hum...intéressant pour ta chronique à ça Xav.

Et puis d'un coup un avion à  réaction décolle dans la pièce, ou plutà´t non, il a déjà  décollé et il vient de passer le mur du son, ou plutà´t non, il vient de se crasher dans la petite cours en bas dehors. Bref, on passe de 80 db à  115 db en une fraction de seconde. Certes la salle, tout en béton, n'aide pas à  la diffusion, mais nous en sommes en présence d'un groupe qui joue toujours au même niveau. Très très fort, voire très très très fort.

En général, et si le propos le permet, je suis pas contre. Mais là  non. J'avais vraiment envie de poésie. Franchement, désolé je ne peux pas rester. Adieu la beauté que j'ai entendu sur vos disques, au revoir les guitares aux delays majestueux, salut la batterie aérienne, rien de la fuzz manichéenne, pas non plus de reverb enivrante et puis pas une lichette de vos références alléchantes, Velvet underground, Spacemen3, Oh Sees.... Je suis en face d'un groupe de punk. Merde. Bon ben, je me cherche un endroit pour vous écouter car, non, je ne mets pas de bouchons... ...Là  non...là  non...là ....non....là ...ouh la non!!...Ici...oui c'est bien. Ha ben je suis au bar!! Pfff.... Est-il utile de me fourvoyer et de décrire ma fin de soirée...

J'ai donc été obligé de noyer ma déception dans l'alcool et les cacahuètes. Je suis devenu de plus en plus intenable. En croisant une ex j'ai absolument voulu lui rouler une pelle, elle m'a dit que j'étais trop con et moi qu'elle était trop moche. Ensuite avant que l'on ne veuille plus me servir à  boire j'ai voulu acheter le dernier disque mais le chanteur du groupe a vraiment eu l'air déà§u quand je lui ai dit en langage bourré que son concert c'était de la merde. Et pour finir, quand j'ai vomi dans le pot de fleur de l'entrée, 2 grands chiens de la famille des Dalmatiens m'ont aboyé dessus. Je me suis essuyé sur eux et j'ai fini à  genou devant mon vélo en le priant de me ramener à  la maison... Puis plus rien...

C'est vraiment dommage tout à§a parce que je me réjouissais vraiment de faire une belle chronique. Et dire que c'est à  cause de la ponctualité...pfff... Comme quoi!

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