Interview

Interview (42)

TESTAMENT et EXODUS @ La Belle Electrique

Ce soir c'est Noël en avance….en tout cas pour les métalleux du bassin Grenoblois, oui car ce soir Métallian prod joue au père Noël en faisant venir dans notre ville non pas une, mais deux légendes du Thrash Metal j'ai nommé TESTAMENT et EXODUS !!!!

Ahh… Testament, les malchanceux du Thrash qui auraient pu être sur le podium avec Metallica, Slayer, Megadeth, et Anthrax….mais voilà le premier album sort en 1987 (un peu après la bataille !) les dés sont déjà jetés….Mais malgré cela le groupe a toujours su mener sa barque, contre vents et marées, après leurs 3 premiers albums imparables( The Leagcy, New Order, Practice) et un gros passage à vide, Testament à sorti de bons albums au bon moment (Low, The Gathring)

Résultat : ils sont toujours vivants après 25 ans de carrière…respect !

Quant à Exodus malgré différents changements de line up et de chanteur, la formation est toujours restée culte (avec les mythiques Bonded by Blood et Fabulous Disaster).

 

Après avoir fait le pied de grue devant la Belle Electrique avec quelques potes, j'entre en fin dans l'enceinte de cette magnifique salle (gradins, belle fosse, bar à l'étage et balcons de chaque côté de la scène).

Ce soir pour la première date Métal à la belle électrique, la salle affiche complet, donc BACK DAWN débute son show devant un parterre bien fourni.

Première partie oblige, le son n'est pas terrible, assez faible et brouillon au niveau de la batterie

Le chant surnage au-dessus d'un son de guitare sous accordée (typique du Death/thrash moderne), du coup la sauce ne prend pas vraiment, la faute à des compos basique, une prestation statique

et quelques approximations….Le public répond poliment mais semble garder ses forces pour le plat de résistance !

Après la première partie, la fosse devient bien plus compacte, les métalleux trépignent et explosent littéralement avec l'arrivée sur scène des Américains d'EXODUS.

Après une intro électro indus, c'est la première grosse claque de la soirée, le son est puissant, agressif mais clair, c'est donc parti pour une heure de Thrash dévastateur, car le groupe emmené par le vétéran Steve Souza (la voix d'exodus revenue sur le dernier album en date) ne fait pas dans la dentelle, rythmiques infernales, tempos ultrarapides, guitares tranchantes comme un rasoir, voix hurlées, solos virtuoses, et interprétation sans failles (grosse prestation de Tom Hunting le batteur)…

Le public est aux anges et headbang à l'unisson, EXODUS maîtrise son affaire et alterne compos du dernier album (Blood in Blood Out, Body Harvest, Salt the Wound) et tubes des premiers albums (Piranaha, Bonded By Blood, Toxic Waltz…)

Souza communique bien avec la fosse en furie, et la pousse à enchaîner les circle pit (pogo géant en forme de ronde) et Braveheart (fosse coupée en deux s'entrechoquant après un compte à rebours).

Après une bonne heure de pilonnage intensif le groupe termine son show par un Stike of the Beast  d'anthologie.

 

S'en suit une pause bien méritée et un passage au bar histoire pour se réhydrater...

Pendant l'entracte on découvre la scène de TESTAMENT constituée de deux pentagrammes aux yeux rouge lumineux

(Reprenant le visuel du premier album) et d'un backdrop représentant une arène antique à la porte maléfique.

Le concert commence à  deux cent à l'heure avec les classiques "Over the wall" et "The Haunting", et comme EXODUS

avant, le groupe alterne tubes des 80's et extrait du dernier album ("Rise Up", "Native Blood").

L'assemblée exulte et l'ambiance monte d'un cran lorsque TESTAMENT enchaîne "Eerie Inhabitants/The New Order/Trial by Fire The Preacher (j'avoue avoir eu des frissons lors de ce morceau, malgré le faux départ au début).

Chuck Billy (l'imposant chanteur/frontman) chante à merveille les vieux standards du groupe, quand bien même il ne monte plus dans les aigus,il assure toujours autant et se met rapidement le public dans la poche grâce à une bonne humeur communicative.

Les autres membres ne sont pas en reste, Gene Hoglan impérial derrière sont kit de batterie, Alex Skolnick en véritable guitare héros épate la galerie en proposant des solos techniques, mélodique et inspirés, Eric Peterson (le maître à penser du groupe) reste toujours aussi affûté en rythmique et décoche Riff sur Riff comme au milieu des années 80's !

Seul Steve DiGorgio à la basse détonne un peu avec son look de hippie/vétéran du Viet Nam, et ses instruments aux formes parfois étranges (qui a dit moche ???), mais reste super carré en apportant un bon groove à l'ensemble.

Le concert s'achève sur le triptyque "Souls of Black/Into thé Pit (énorme !!!)/Practice" après une ovation le groupe revient en rappel pour trois chansons, deux que je ne connaissais pas et au final le tube Disciples of the Watch !!

Voilà c'est fini, j'ai les oreilles qui bourdonnent, je n'ai plus de cervicales, je ne sens plus mon cou et mes jambes à force d'avoir headbangé comme un fou….mais je suis heureux comme un gamin !!!

Merci la Belle électrique, merci Métallian Prod, Merci TESTAMENT et EXODUS pour cette super soirée !!!

 

 

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The Amsterdam Red-Light District@l'Ampérage

Fut un temps où Grenoble avait sa place sur la carte hardcore, post hardcore de la scène française. Je vous parle ici d'un temps que les moins de vingt ans bla bla bla... Une époque peut être plus simple et directe, où avoir un myspace pour son groupe était déjà un signe de sérieux sans parler du fait de sortir un cd qui ressemble à quelque chose et qui ne soit pas juste écouté par votre grand mère... Si la mention de Elevate Newton's Theory, Feverish, Insight et autres Strikeback (qui deviendront ensuite Stillrise) ne provoquent aucune réaction nostalgique ne partez pas, le mode vieux con passe bientôt en off...  Les temps ont changé pour sûr, n'importe qui enregistre en qualité studio n'importe quoi, votre pote avec son boîtier réflex peut vous sortir un clip en 3 clics de souris bien ajustés et la moindre petite grenouille se gonfle d'air pour se faire plus grosse qu'elle n'est en espérant ne pas exploser en chemin. Difficile alors de faire le tri et nombreuses sont les déconvenues quand vient la sentence du live. Pour ce soir c'est avec confiance que l'on se rend à l'Ampérage, la retombée style bad trip n'est pas prévue au programme tant les petits gars de MFCK prod restent une valeur sûre en terme d'orga de concerts à la distribution taillée à la machette.

 

La mise en bouche assurée par Oligarchy et Gliesers passée, on taille direct dans le gras avec les lyonnais de The Amsterdam Red Light District qui, malgré une activité conséquente sur les scènes nationales et européennes, n'étaient jamais venus en voisins pour chauffer les planches grenobloises. Le style fait dans le punk hardcore calibré avec comme ligne de conduite l'énergie au service de l'efficacité. Le groupe est solide sur scène, mène son affaire avec sérieux sans se prendre trop la tête, les heures de pratique en live se font ressentir à grands coups de pieds sautés et autres sollicitations du public qui rentre dans le jeu.  Les TARLD de 2015 c'est une problématique à la Fight Club : se faire rincer la gueule bien propre oui, sauf que la distribution de mandale doit être assurée par Brat Pitt et Jared Leto, le difficile  équilibre entre rugosité et emballage propret.  Les voix gueulées des premiers temps sont de plus en plus minoritaires face à un chant plus posé et donc plus accessible, les structures des morceaux sont plus radio edit et l'on sent que le groupe cherche l'accroche à chaque refrain ou riff.  Au final c'est parfois un peu poli et sage mais les Lyonnais ont choisi l'entertainment plutôt que la révolution et jouent à fond leur carte. Le public en redemande et se déchaîne sur « I'm not insane », un bel exemple justement d'équilibre entre refrain catchy et énergie débridée. On peut reprocher un certain nombre de choses à The Amsterdam Red Light District mais certainement pas leur implication totale dans leur groupe et dans leurs prestations ainsi qu'une certaine franchise sur la marchandise même si celle ci peut ne pas être au goût de tous.

Les parisiens de Merge qui prennent la suite ne sont pas sur la même problématique sans pour autant avoir la vie plus facile. Dans la pléthore de groupes post hard-core et autres dérivés plus ou moins screamo, rester original sans se fourvoyer soi-même relève du tour de force. Les codes du genre sont archi balisés et nul doute que les Parisiens les connaissent sur le bout des doigts au vu de leur performance de ce soir. Parties down tempo lourdes et brumeuses, riffs plus tranchants dans le gras du spectre, le tout parsemé d'une voix aussi à l'aise dans le clair que dans le saturé sreamo, le groupe est bon de partout et impose un son massif et carré qui ne laisse pas beaucoup de choses au hasard. Si on rajoute à tout ça un bon look, le jeu de scène ad hoc et on a un tableau assez précis d'une certaine scène métal actuelle. Là où le groupe réussit son pari c'est en évitant justement de surjouer le style ce qui avouons le est parfois plus difficile que d'enfiler un putain de jean slim taillé pour des ados anorexiques nourris aux 5 fruits et légumes par jour... L'attitude du front man y est pour beaucoup,  là où certains en feraient des tonnes en mode dépressif de caniveau et artiste torturé à la petite semaine, lui semble juste habité et complètement tourné vers l'instant. Pas de phrases toutes faites ou de postures trop artificielles, une certaine forme de fraîcheur pas facile à trouver. Si la salle n'est pas comble le groupe lui joue comme devant une arena pleine à craquer, ne compte pas à la dépense et emporte la mise ce soir là.

La ligne de crête est parfois mince entre les 2 précipices que peuvent être la facilité et le fouvoiement hype d'autant que lorsque l'on a mis le pied d'un côté ou de l'autre c'est rarement de plein gré et sans comprendre tout de suite que l'on est déjà en train de tomber. Si The Amsterdam Red Light District et Merge n'empruntent pas forcément les mêmes chemins, leurs parcours font face aux mêmes aléas. Le live ne trompe pas et ce soir ces 2 groupes ont prouvé qu'une seule chose compte en musique : l'honnêteté face à soi même et face aux gens qui vous écoutent. En espérant juste qu'ils arrivent en haut de la montagne avant d'avoir fait le faux pas de trop..

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