Décibelles, belles, belles, comme le jour.

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« Non mais c'est quoi cette musique de Satan ? On dirait qu'on frappe un sac de petits chatons ». Voilà en substance ce qu'a hurlé ma copine cet après­midi lorsque j'ai commencé à écouter Sleep Sleep de Decibelles. Un album qui m'en rappelle d'autres. Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est la version pop des Coathangers. Pas seulement pour l'aspect féminin de la formation, mais aussi pour le son, cette approche un peu punk de la chose et cette volonté absolue de chanter faux.

Il est vrai que la qualité sonore n'est sûrement pas le but recherché et le groupe souhaite plus secouer nos popotins que ravir nos oreilles. Et ça marche. Pourtant, Baloo à poil dans la jungle nous donnerait presque envie de nous caler tranquillement au bord d'un lac, un jour d'été ensoleillé et Clouds incite à la balade nocturne, lorsque les étoiles scintillent, haut dans le ciel. Mais le reste de l'album déménage un peu, tout du moins rythmiquement. Techniquement, ça tourne bien et la batterie est sacrément carrée. Ca tape sec, et les rifs sont tranchants. Mais à moins que mon matos son ne soit totalement hors d'âge (probable, mais pas trop non plus, soyons honnêtes), c'est quand même pas génial. Tout semble un peu brouillon, et le rendu fait un peu crado.

Alors oui, le jeu de mots – Décibelles ­ est magnifique, mais c'est aussi le pseudonyme d'une actrice porno un peu cheap. Mais si, vous voyez forcément. Le genre d'actrice aux cicatrices de furoncles sur la fesse gauche et qui vous obnubile lorsque vous regardez une de ses vidéos. Eh bien, la production de cet album, c'est un peu la marque de furoncle : il se passe d'autre chose autour, et pourtant on ne pense et ne voit que ça. Et forcément, on finit par débander.

En fait, comme je le disais en ouverture, ou presque, ça m'a surtout donné envie de réécouter The Coathangers. Après, si l'on cherche bien, il y a un truc et quand le groupe se sera émancipé de ses influences, trop lourdes pour l'instant, de très bonnes choses pourront sortir. La plus belle réussite est finalement le premier titre, celui qui se rapproche d'ailleurs le plus de ses aînées ­ c'est étonnant, car il envoie la sauce et ne fait pas seulement semblant. Mais le reste de l'album, ça hurle, ça fait beaucoup de bruit, et ce n'est pas très puissant. Après la première écoute, et juste avant la seconde, on se rend compte que ça agace rapidement, et que l'on n'est pas très motivé à appuyer de nouveau sur play.

 

 

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